L’accord entre l’Union européenne et l’Australie devrait bientôt être conclu
En Australie pour trois jours, la présidente de la Commission européenne entend conclure un accord de libre-échange, malgré les protestations des agriculteurs européens déjà échaudés par celui avec le Mercosur.
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« Cet accord mettra fin aux droits de douane sur la plupart des échanges entre l’Union européenne et l’Australie et pourrait faire augmenter le PIB européen de 4 milliards d’euros d’ici à 2030 », a affirmé la cheffe de l’exécutif européen, dans une tribune publiée dans plusieurs journaux européens, dont Ouest-France, le 23 mars 2026. Ursula von der Leyen s’exprime à l’occasion de sa visite en Australie dans le but de conclure un accord de libre-échange avec l’Union européenne. Elle est arrivée à Canberra le lundi 23 mars et restera trois jours dans le pays.
La présidente de la Commission européenne insiste notamment sur le rôle stratégique de l’Australie dans les matières premières critiques, en particulier le lithium, essentiel pour fabriquer des batteries de véhicules électriques notamment. La dirigeante de l’Union européenne ne s’étend pas en revanche sur les produits agricoles, comme la viande de bœuf, l’agneau et le sucre, pourtant au cœur du bras de fer entre Bruxelles et Canberra autour de ce projet d’accord.
La viande bovine, dernier obstacle à la signature de l’accord entre l’Union européenne et l’Australie (19/03/2026)
Un accès facilité au marché agricole européen
Elle fait ce voyage accompagné du commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, accréditant la possibilité de la signature d’un accord de libre-échange. Après avoir atterri à Sydney, la présidente de la Commission européenne doit se rendre à Canberra pour rencontrer le Premier ministre Anthony Albanese et s’adresser au parlement.
L’Union européenne est le troisième partenaire commercial bilatéral de l’Australie et sa deuxième source d’investissements étrangers. Les deux parties doivent notamment trouver un terrain d’entente sur l’amélioration de l’accès au marché européen pour l’agneau et le bœuf australiens, un point de désaccord majeur. L’Australie a déjà déclaré être prête à supprimer une taxe sur les voitures de luxe européennes en échange d’un meilleur accès au marché agricole européen.
🇦🇺 Honoured to be welcomed to Australia by the Governor-General, H.E. Sam Mostyn.
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) March 23, 2026
I’m here to celebrate the long-standing friendship between Europe and Australia, and this is the most perfect start to this visit. pic.twitter.com/0ZX280bS6u
« Monnaie d’échange »
La Chine est le premier débouché des exportations australiennes et les États-Unis constituent sa principale source d’investissement. Mais Canberra redouble d’efforts pour se diversifier à l’exportation depuis qu’un différend avec Pékin en 2020 a bloqué ses exportations pendant plusieurs années. Le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a affirmé la semaine dernière à Sky News Australia qu’un accord avec l’Union européenne permettrait à l’Australie de gagner 10 milliards de dollars australiens (6,1 milliards d’euros) en termes d’échanges commerciaux.
« Ils pourraient devenir notre deuxième partenaire commercial si nous parvenions à aller au bout, et il ne nous reste plus qu’à franchir ces derniers obstacles », a-t-il assuré. Ces dernières semaines, les négociations butaient encore sur les quotas détaxés de bœuf australien importé. L’Union européenne ne voulait pas aller au-delà de 30 000 tonnes quand l’Australie réclamait 40 000 tonnes par an. Bruxelles espère éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, déjà en colère contre l’accord commercial signé à la mi-janvier avec les pays latino-américains du Mercosur et qui entrera en vigueur à titre provisoire à compter du 1er mai 2026.
Le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens, a haussé le ton à propos des négociations avec l’Australie. Pour le bœuf, la viande ovine et le sucre, « accorder des concessions disproportionnées risque de nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d’affaiblir l’engagement de longue date de l’Union européenne en faveur de normes de production élevées », a mis en garde ce lobby agricole dans un communiqué diffusé le 17 mars. « L’agriculture ne peut pas, une fois de plus, être traitée comme une monnaie d’échange pour avantager d’autres secteurs », a souligné son président Massimiliano Giansanti.
Bousculée par la concurrence chinoise et les droits de douane aux États-Unis, l’Union européenne mène une politique de diversification de ses partenariats commerciaux. Après le Mercosur, Ursula von der Leyen a aussi scellé un accord commercial avec l’Inde à la fin de janvier. Dans les discussions, la présidente de l’Union européenne devrait également aborder la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole. En Australie, largement dépendante des importations de carburant, les prix à la pompe ont doublé en moyenne.
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